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Il n'est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse

· Enfant intérieur,Enfance heureuse,enthousiasme

Chronique parue dans la Gazette de Montpellier - 18 mai 2017

 

Les neurosciences* ont montré qu'un enfant s'enthousiasme entre vingt et cinquante fois par jour, contre environ... une à deux fois fois par mois pour un adulte. L'enfant est en lien avec l'imagination, avec les besoins vitaux, il est dans l'instant présent, et en apprentissage permanent, école ou pas école.

L'enfant déploie sa créativité sans pudeur. Il est relié à la joie, et rayonne cette énergie qui illumine notre environnement. Qui ne sourit pas quand il entend des rires d'enfants ? Ou face à leur ingéniosité ? Combien de fois sommes-nous interpellés dans nos habitudes et coutumes machinales par leur bon sens dénué de jugement ? N'observons-nous pas ce talent inné de médiateur de paix ?

 

Or, le regard que notre société occidentale porte sur l'enfant est limitatif. L'enfant doit être "poli", "sage". Il y a confusion entre liberté (le laisser au contact de ses élans de vie, pour créer son chemin et ses réponses propres) et licence (sans règles, dangereuse pour les autres, pour soi). À l'exception de pays tels que la Suède, le Danemark, la Finlande, et en dehors de l'émergence réelle de visions éducatives responsables et conscientes, et autres pédagogies alternatives.

 

L'enfant nous montre combien nous nous éloignons, adultes, de notre élan de vie. Il a besoin que nous lui donnions des compétences pour traduire ses élans en actes dans une relation respectueuse de lui-même et de l'autre. Il ne s'agit pas de l'enfant roi, où l'on continue à nier les talents en "gavant" au lieu d'écouter les besoins réels.

 

Le jeu est parqué dans des espaces signalés par des couleurs vives. En dehors, on est "sérieux", enfants, comme adultes.

Et pourtant, même pour nous adultes, s'autoriser à traverser notre quotidien relié à notre enfant intérieur, c'est-à-dire à notre part créative, curieuse, avide de croissance (intérieure), d'autonomie, c'est s'appuyer sur notre élan de vie. Prendre la vie comme un jeu, c'est du lourd ! Miser sur l'enfant en nous c'est du "3 en 1" : prendre soin de ce qui est vivant ici et maintenant, prendre soin de l'avenir, et s'autoriser à transmuter nos blessures du passé.

 

Donnerons-nous à l'enfant plus souvent l'occasion d'être partie prenante de la vie sociale, alors même qu'il nous invite à questionner nos automatismes, à se recentrer sur l'essentiel, à privilégier la relation par rapport à la gestion des affaires courantes ? L'enjeu est de taille. Avec cette posture coercitive et contrôlante sur ceux-là mêmes qui forment la société de demain, que nourrit-on ? En rabotant les talents naturels, on se prive d'un terreau vivant, et l'on fabrique des bombes internes qui explosent à la première occasion. L'enfance est le jardin de nos sociétés : choisissons-nous de le polluer, de l'étouffer, le stériliser, ou de le respecter ?

 

* Voir le travail de Gerald Hüther. Voir aussi le film "Être et devenir" de Clara Bellar (2014), dans lequel interviennent notamment Naomi Aldort, John Gatto, André et Arno Stern.

 

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