Chronique parue dans La Gazette de Montpellier en janvier 2016

Selon un sondage réalisé en 2015*, 50% des Français ont l’envie concrète de partager des espaces de vie avec leurs voisins (et même 58% un jardin).

Avant d’être financière ou économique, la crise actuelle est humaine, sociale, relationnelle. Nous pouvons nous voir comme séparés, seuls…. tout en veillant soigneusement à avoir tout l’équipement nécessaire chez soi pour ne pas avoir à risquer de déranger le voisin, s’entendre dire non, voir son image atteinte, et autres scenarii dont on peut trouver les racines dans notre éducation.

De même, continuer à vivre loin de la nature - fut-ce un bac de terre en ville, un lien avec un jardin ou un producteur - nous maintient à distance de notre nature d'être vivant traversé par des cycles naissance-vie-mort. La linéarité et le principe de cases ou de boîtes bien séparées est plus confortable… en apparence bien entendu.

Pierre Rabhi a inspiré la philosophie des oasis, mise en œuvre par le mouvement Colibris, qui vise à soutenir le développement de nouveaux modes de vivre ensemble basés sur plusieurs composantes :

  • la sobriété énergétique par l’éco-construction
  • l’autonomie alimentaire par la production écologique de nourriture
  • la solidarité et la coopération, par la mutualisation de services et d’espaces de vie
  • l’ouverture sur le monde et l’éducation, afin de partager le capital d’expérience avec ceux qui le désirent
  • une gouvernance choisie voire créée par le collectif, qui prenne en compte les besoins de chacun individuellement et du projet commun.

Eco-quartier urbain, écovillage, commune en transition… les configurations sont colorées de la créativité des uns et des autres sur nos territoires pour incarner, à l’échelle d’un petit groupe, une société qui place réellement l’humain et la nature au centre.

Il s’agit de comprendre que la lame de fond est puissante, et qu’elle ne concerne plus une marge de population coupée des réalités du quotidien, mais bien des personnes responsables, qui choisissent de prendre soin de la relation avec eux-mêmes et avec l’autre, dans le respect des règles de la société. Quand des expériences ont pu avoir lieu auparavant, négligeant l'un ou l'autre aspect, se faisant marginale de fait.

Des outils de soutien existent aujourd'hui, stimulés par la conscience de Pierre Rabhi, nourris par des expériences pionnières et ouvertes sur le monde, sur les aspects juridiques, financiers, de gouvernance… **.

Une centaine de lieux existent déjà en France, et plusieurs dizaines sont en émergence pour les 10 années à venir. A l’œuvre donc, un maillage joyeux du territoire par ces lieux ressource, à l’image de l’oasis dans laquelle on s’arrête, se nourrit, se repose, et apprend de l’autre, emportant dans son bagage, lorsque l’on poursuit sa route, quelque chose de différent qui va ensemencer d’autres consciences.

« Ne doutons jamais qu’un petit groupe de personnes déterminées et conscientes peut changer le monde. C’est d’ailleurs toujours comme cela que cela s’est produit. » (Margaret Mead, anthropologue).

* Harris Interactive pour Gécina

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