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Remettons-nous au cycle !

Chronique parue dans la Gazette de Montpellier en janvier 2017

En cette saison, la nature nous invite à une pause. Mettre en terre les graines qui germeront au Printemps, réparer, nettoyer et ranger les outils, faire le bilan de l'activité passée.

Et dessiner les lignes de ce qui pourrait prendre corps au redémarrage suivant.

 

Si c'était aux jardiniers qu'elle s'adressait… mais elle nous parle à tous, sur tous les plans de notre vie.

Y compris à nous qui nous sommes souvent extraits de son cycle pour suivre la grande ligne droite sans bas ni haut, apparente protection contre la réalité de la vie, ses doutes et ses douleurs, de la naissance à la mort.

Nous maintenons un rythme effréné en fin d'année civile, arrivons en janvier vide d'énergie, ouvert à toutes les infections, pour finir "sur les genoux" à l'orée de l'été, où l'énergie créatrice serait pourtant à son comble. Cela fait marcher l'industrie pharmaceutique… mais moins notre pharmacie interne, basée sur la joie.

En hiver, nous répondons à toutes les sollicitations extérieures avec la même frénésie, de crainte, sans doute, d'être moins apprécié, voire exclu.

 

Un tour sur les moteurs de recherche Internet est éloquent : le terme "ralentir" est synonyme d'échec, de risque, pas d'opportunité, de nécessité.

 

Pourtant, en s'affranchissant de cette linéarité "hors sol" pour faire corps à nouveau avec les petits et grands mouvements cycliques qui régissent le vivant, dont nous sommes, êtres humains, nous recontacterions toutes les forces qui tour à tour nous poussent à la réalisation, à l'éclosion de nos projets, soutiennent leur maturation, leur consolidation, leur préparation pour une régénération, nous ressourcent, nous inspirent.

Et ce, sans fin, inlassablement, sans toutefois jamais se répéter exactement dans les mêmes formes, suivant les mêmes tonalités.

 

La rotation de la terre, les cycles jour-nuit, les cycles féminins, les phases de la lune, les étapes du deuil, qui invitent à descendre pour pouvoir remonter. Autant de mouvements cycliques qui rythment nos élans naturels. Autant d'invitations à retrouver nos propres cycles internes.

A l'instar du centre agro écologique des Amanins (Drôme), qui propose chaque année une "pause partagée", de dizaines d'organisations à portée internationale telles que les lucratives américaines AES (électricité, 40 000 collaborateurs) et Morning Star (agroalimentaire), ou non lucrative Buurtzorg (n°1 du secteur des soins à domicile aux Pays-Bas), qui ont choisi de laisser leurs employés écouter les rythmes justes, avec succès.

 

Nous pourrions, en acceptant pleinement nos hivers individuels comme ceux de nos organisations (les ralentissements de nos activités, les périodes de vide, voire de chaos apparent) recevoir les bénéfices de ces faces moins lumineuses, souvent moins confortables, car elles nous laissent face à nous-mêmes, mais indispensables à la vie.

 

S'autoriser à se tourner davantage vers l'intérieur, de soi, du groupe, pour mettre l'attention sur ce qui est essentiel, sur ce qui est en jeu. Ménager nos réservoirs vides et considérer calmement ce qui vient de se produire. Autant de façons de donner toutes ses chances au déploiement de ce qui promet d'éclore si les conditions pour la vie sont réunies.

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