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Savez-vous parler le langage girafe ?

(Chronique parue en octobre 2015 dans la Gazette de Montpellier)

Changement de société par le changement individuel ? Même les grosses productions tournent la caméra vers l’intériorité (le dessin animé “Vice Versa“, pour ne pas le citer).

Un nombre croissant de personnes et d’organisations ont ainsi recours à la Communication Non Violente, « CNV », ou “langage girafe“.

La CNV a été formulée par l’américain Marshall Rosenberg, qui parlait de nos attitudes de « nice dead persons » (« belles personnes mortes ») pour évoquer le moule dans lequel nous nous conformons afin d’être – croit-on - mieux accepté en société, au mépris de notre réel élan de vie et du dialogue authentique avec nous-même.

Le langage girafe s’appuie sur deux animaux totem qui correspondent à des parts de nous.

La girafe est cette part qui a un grand coeur et un long cou pour prendre de la hauteur, et comprendre ainsi ce qui se passe pour chacun dans une situation difficile. Elle peut se mettre à la place de l’autre tout en restant attentive à ce qui se passe en elle.

Le chacal est à la fois notre meilleur ami et notre pire chargé de communication. C’est lui qui parle quand nous jugeons, accusons ou manipulons. Le chacal se manifeste lorsqu’un besoin n’est pas respecté.

Les deux sont au service de notre vie.

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Le langage girafe propose d’avancer en 5 étapes dans toute situation :

1 Clarifier mon intention avant de m’exprimer : suis-je en quête de connexion avec l’autre à ce moment-là ?

2 Observation : les faits, comme si l’on faisait une photo sur laquelle tout le monde s’accorde.

Sans juger, sans faire d’hypothèse ou de projection :

“Quand tu arrives à 20h10 alors que nous étions convenus de 18h30…“

Nous ne prêtons pas d’intention à l’autre (“Tu as fait exprès de…“, ou “Tu ne veux pas, je le sais“).

C’est le moment de remercier mon chacal avec tendresse (sinon il aboie encore plus fort) puis de m’exprimer avec ma girafe.

3 Sentiment : comment je me sens à l’intérieur :

« … je me sens agacé-e, frustré-e, triste, joyeus-e, curieux-se, surpris-e, inquiet-e…“

4 Besoin : un besoin est au service de notre vie. Il n’est pas une simple envie ou une préférence. Et il ne dépend pas de l’autre :

“…car j’ai besoin de respect, de repos, de calme, de mouvement, de jeu, de vérité, d’harmonie, de sens…)“ (et non pas “j’ai besoin QUE TU“…).

5 Demande : formuler une demande telle que chacun-e soit gagnant-e. Cela peut être une demande que l’on se fait à soi-même. Une demande doit être négociable (l’autre doit pouvoir

dire “non“ sans déclencher la tempête), réaliste (on ne demande pas de devenir tout vert ou de décrocher la lune), et formulée de façon positive :

“…est-ce que tu serais d’accord pour me prévenir une prochaine fois ?“, “…tu veux bien que

l’on partage en deux ?“

Pour aller plus loin :

« Les mots sont des fenêtres, ou alors ce sont des murs », M. B. Rosenberg, Ed. La Découverte

www.cnvlanguedoc.fr

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